• Ernest-Pignon-Ernest, engagé contre l'apartheid, par Priscillia Grondin

     

    Ernest-Pignon-Ernest, engagé contre l'apartheid, par Priscillia Grondin

     

    Ernest pignon naît à Nice en 1942. Il y mène des études d'architecture qui vont le conduire à travailler quelques années dans ce domaine. Mais il est également très intéressé par l'art et expose très jeune. Il réalise de nombreuses interventions urbaines qui lui donnent sa notoriété. En 1974, Ernest pignon réagit au jumelage de Nice avec le cap. Le maire de l'époque, un certain Jacques Médecin, est un homme de droite favorable au régime de l'apartheid. Il propose ce jumelage à la ville du Cap, capitale de la ségrégation, pour célébrer sa nomination à la tête de l'association parlementaire "France-Afrique du sud". Le jour où Jacques Médecin accueille le maire du Cap, Ernest Pignon et son camarade Arman recouvrent les murs de la ville de milliers de portraits sérigraphiés, montrant une famille noire enfermée derrière un grillage. Cette oeuvre engagée marque le commencement d'un lien très fort entre l'artiste et ce pays meurtri par le système de l'apartheid. 

     

    Ernest-Pignon-Ernest, engagé contre l'apartheid, par Priscillia Grondin

     

    Ernest Pignon Ernest a aussi été membre du parti communiste français et parmi les fondateur en 1977 du syndicat national des artistes plasticiens CGT. En 1984, fasciné par les premiers gestes de l'homme préhistorique, il réalise "les aborigènes". En 1988, il participe naturellement à la campagne artistique du monde contre l'apartheid . En 2001, il part à Johannesburg avec l'intention d'y mener un projet, mais change de thème en découvrant sur place la gravité de la pandémie du SIDA.

     

    Ernest pignon décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l'essence d'un lieu. Il puise dans l'histoire du lieu, dans les souvenirs mais aussi dans la lumière de l'espace. Puis, il vient y inscrire une image sérigraphiée, élaborée dans son atelier. Cette image est en général un dessin grandeur nature. Ernest pose lui-même ses œuvres dans la nuit.

     

     

    SOWETO en 2002 Afrique du sud

     

    Ernest-Pignon-Ernest, engagé contre l'apartheid, par Priscillia Grondin

     

    Pignon Ernest a élaboré une image faisant un parallèle entre la lutte contre le SIDA et celle contre l'apartheid, en se référant à la photographie de Sam Nizma représentant un homme portant le corps d'Hector Pieterson, un écolier tué pendant les émeutes de Soweto. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d'exemplaires, il l'a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptour à Soweto.

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