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    Sweet black angel, The Rolling Stones.

     

     

    Sweet black angel, The Rolling Stones, par Maëva Martin

     

    Date de parution, exécution, composition : 1972

    Album : Exile on Main Street

    Auteurs, compositeurs, interprètes :

    Mick Jagger et Keith Richards -Rolling stones.

    Mick Jagger - chants, harmonica, clavier, percussions, guitare

    Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier

    Mick Taylor - guitare, basse, synthétiseurs, percussions, chœurs

    Charlie Watts - batterie, percussions

    Bill Wyman - basse, synthétiseurs

     

     

    La chanson :

     

    En 1972, le groupe « Rolling Stones » sort son premier double album. La chanson « Sweet black angel » est à hommage à Angela Davis, et le blues y est omniprésent.

     

    Analyse :

    Genre : Chanson populaire

    Langue utilisée : Anglais, langage populaire.

    Intention de l’auteur/compositeur : exprimer des sentiments de révolte, la lutte noire contre la ségrégation raciale.

    Un texte objectif : autour de la ségrégation raciale.

    Caractéristiques techniques : voix d’hommes - choeur.

    Caractérisations de la voix : puissantes, vibrantes, claironnantes, revendicatrices.

    Tempo : moderato

    Nuance : Mezzo-forte

    Sens général de la musique : Hommage et soutient à Angela Davis, l’image d’un ange noir luttant pour la paix.

    Généralités : La musique et le texte sont aussi important l’un que l’autre.

    La coda (conclusion) est instrumentale, l’harmonica omniprésent fait ressentir le coté country (musiques partagées par les noirs et les blancs, musiques partageant les valeurs sociales, familiales et religieuses des noirs et des blancs).

    Refrain : Le refrain exprime l'idée principale sous forme d’une question. But she keep on pushin', would you take her place ? Mais elle poursuit sa lutte, prendriez-vous sa place ?

    Mélodie et couplets: La mélodie est plutôt facile à retenir en forme de question-réponse (soliste puis le contrechant sur la 2ème phrase), rythmée et chantante avec un rythme binaire, peu de notes et une pulsation bien marquée, des rythmes simples et réguliers. Sa reprise de couplet en couplet est : identique, l'accompagnement plutôt martelé est sonore, rythmique, régulier. L'harmonica est de plus en plus présent et conclut cette chanson

     

    Annexe :

    Paroles et traduction :

    Got a sweet black angel, got a pin-up girl,

    J'ai (la photo d') un doux ange noir, j'ai (la photo d') une pin-up

    Got a sweet black angel up upon my wall

    J'ai un doux ange noir affiché sur mon mur

    Well she ain't no singer and she ain't no star

    Et ce n'est ni une chanteuse, ni une star

    But she sure talk good and she move so fast

    Mais par contre elle parle bien et elle bouge rapidement

    But de gal in danger, yeah de gal in chains

    Mais c'est une fille en danger, c'est une fille enchaînée,

    But she keep on pushin', would you take her place ?

    Mais elle poursuit sa lutte, prendriez-vous sa place ?

    She countin' up de minutes, she countin' up de days

    Elle compte les minutes, elle compte les jours

    She's a sweet black angel, whoa, not a sweet black slave

    C'est un doux ange noir, ooh, pas une douce esclave noire

    Ten little niggers sitting on de wall

    Dix petits nègres assis sur le mur

    Her brothers been a falling, fallin' one by one

    Ses frères sont tombés, tombés l'un après l'autre

    For a judge's murder in a judge's court

    Pour le meurtre d'un juge dans une cour de justice

    Now de judge he gonna judge her for all dat he's a worth

    Maintenant le juge va la juger, en mettant tout son poids dans la balance

    Well de gal in danger, oh de gal in chains

    Mais c'est une fille en danger, c'est une fille enchaînée,

    But she keep on pushin', would you do the same ?

    Mais elle continue de lutter, feriez-vous la même chose ?

    She counting up de minutes, she counting up de days

    Elle compte les minutes, elle compte les jours

    She's a sweet black angel, not a gun totin' teacher

    C'est un doux ange noir, pas une prof qui porte un flingue,

    Not a Red loving school mom

    Pas une mère d'élève sympathisante communiste

    Ain't someone gonna free her ?

    Quelqu'un la délivrera-t-elle ?

    Free the sweet black slave

    Libérez la douce esclave noire

    Free the sweet black slave

    Libérez la douce esclave noire

    Free the sweet black slave

    Libérez la douce esclave noire

    Free the sweet black slave

    Libérez la douce esclave noire

     

    Angela Davis :

    Angela Davis est une militante des droits de l’Homme, professeur de philosophie et communiste américaine. Elle a été poursuivie en justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers qui se solde par la mort d’un juge californien en août 1970. Elle a été emprisonnée pendant 22 mois, d’abord à New York, puis en Californie. Elle fut ensuite libérée et elle poursuivit une carrière universitaire. Plus tard, elle deviendra directrice du département d’étude féministes de l’université de Californie. Angela Davis est une icône de la lutte noire contre l’oppression des blancs, contre l’exploitation des travailleurs, des blancs et des noirs, des femmes et de tous les hommes.

     

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    Biographie :

     

     

    "Because I'm Black", de Ken Boothe.

     

    Ken Boothe est un chanteur jamaïcain né à Kingston en 1948. Il manifeste un grand intérêt pour la musique dès l'école primaire. Sa sœur aînée, qui est chante et jouit d'une certaine notoriété, l'encourage dans cette voie. À cette époque, il admire Owen Gray, un musicien encore très connu parmi les amateurs de rocksteady et du Ska originel. Il commence sa carrière musicale en formant un duo avec Stranger Cole, un artiste qui habite dans son quartier et qui avait alors un certain succès. Ensemble, ils sortiront un premier titre chez un producteur indépendant avant d'obtenir une audition chez un producteur renommé, Duke Reid, plus connu sous le nom de Trojan, qui leur permettra de sortir leurs premiers singles. Ils sortiront, entre 1963 et 1965, plusieurs morceaux extrêmement populaires.

    En 1966, il se lance dans une carrière solo. Il sort notamment un morceau, « The train is coming », qui rencontre un immense succès. Plusieurs albums suivront sous différents labels.

    Sa popularité dépasse largement les frontières, et son titre, « Everything I Own », qui sort en 1974, se place en tête des charts au Royaume-Uni.

     

     

    D'autres titres obtiendront plus tard un succès comparable : « Crying over you » ou encore « When I Fall in Love ».

    Aujourd'hui, Ken Boothe continue de tourner dans le monde entier. Il reprend le plus souvent ses vieux tubes pour le plus grand bonheur des amateurs de reggae.

     

     

    Son style, le reggae :

     

    Le reggae naît en Jamaïque dans les années soixante et tire ses racines du ska et du rocksteady. Il se caractérise avant tout par le « skank » qui désigne le jeu à contretemps de la guitare rythmique (ou de l'orgue), que les cuivres viennent parfois souligner. Résolument festive à ses origines, elle est également une musique engagée que ses principaux ambassadeurs ont employée pour dénoncer la misère, la violence policière en Jamaïque ou la cruauté de l'esclavage. Souvent associée au culte Rastafari, elle véhicule un message profondément pacifiste.

    Ses principaux ambassadeurs sont Peter Tosh, Bob Marley ou Jimmy Cliff.

     

    Ken Boothe est autant connu pour ses titres mémorables que pour ses reprises d'artistes soul nord-américains. Il reprend les thèmes et les paroles, mais insuffle au morceau final une forte coloration reggae. Le morceau que nous allons étudier est justement la reprise d'un standard de la musique soul.

     

     

    « Because I'm Black » :

     

     

    Le morceau est une création de Syl Johnson, un artiste soul des années soixante-dix, dont de nombreux morceaux ont été plus tard repris par les rappeurs du Wu-tang.

    Dans « Because I'm black », l'artiste dénonce le poids des discriminations. Le personnage auquel il prête sa voix n'a que des rêves brisés. Il repense à son enfance misérable et se sent méprisé en raison de sa couleur de peau. Mais il refuse de se laisser piétiner et préfère encore sombrer dans le mal plutôt que d'accepter qu'on lui marche dessus.

    Cette chanson s'inscrit donc dans la lutte des noirs en faveur des droits civiques. De nombreux artistes de cette époque ont mis leur musique au service de la cause noire.

     

    The dark brown shades of my skin only add color to my tears.
    That splash against my hollow bones, that rocks my soul.
    Looking back over my false dreams that I once knew.
    Wondering why my dreams never came true.

    Chorus:
    Is it because I'm black?
    Somebody tell me what can I do.
    Something is holding me back, is it because I'm black?
    (repeat)

    In this world of no pity I was raised in the ghetto of the city
    Momma she worked so hard to earn every penny..Oh lord

    Something is holding me back
    Cause..Is it because I'm black
    (repeat)
    2nd verse:

    Like a child stealing his first piece of candy.
    That cost..Even in my corner somewhere I got lost

    Something is holding me back..I wonder..Is it because I'm black?
    Somebody tell me what I can do.

    Bridge:
    Will I survive or will I die.
    Keep on holding me back
    Keep on holding on
    Keep on picking on me
    Keep on holding me back
    Keep on holding on, keep on holding me back
    Keep on holding be back, I wonder why you do me like that
    But you keep on putting your foot on me
    But I've got a break a way, some how, some day,
    Cause I wanna be somebody so bad,
    So so bad, I wanna be somebody.
    I wanna be somebody so bad.
    But something is holding me back
    Is it because I'm black?
    Is because I'm black...is because I'm black
    Something is holding me back,
    I want diamond rings and things



    Read more: Syleena Johnson - Is It Because I'm Black Lyrics | MetroLyrics 
     

    Les ombres brunes de ma peau ne font qu'ajouter de la couleur à mes larmes,

    Qui tombent contre mes os, qui heurtent mon âme.

    Jetant un œil sur ces rêves mensongers que je faisais autrefois.

    Me demandant pourquoi mes rêves ne se sont jamais réalisés.

     

    Est-ce parce que je suis noir ?

    Quelqu'un me dit ce que je peux faire.

    Quelque chose me tire en arrière, est-ce parce que je suis noir ?

     

    Dans ce monde sans pitié, j'ai grandi dans un ghetto de la ville,

    Maman travaillait dur pour gagner chaque penny. Oh Seigneur !

     

    Quelque chose me persécute, est-ce parce que je suis noir ?

     

    Comme un enfant volant sa première friandise.

    ça a coûté. Même au coin de ma rue, quelque part je suis perdu

     

    Quelque chose me tire en arrière, est-ce parce que je suis noir ?

    Quelqu'un me dit ce que je peux faire.

     

    Vais-je survivre ou vais-je mourir?

    Continue de me tirer en arrière

    Continue de t'accrocher

    Continue de t'en prendre à moi

    Continue de tenir bon. Continue de me tirer en arrière

    Continue de me tirer en arrière. Je me demande pourquoi tu me traites comme ça.

    Mais j'ai une voie pour m'en sortir, d'une certaine façon, un jour prochain,

    Parce que je veux devenir quelqu'un de mauvais,

    de très très mauvais. Je veux être quelqu'un.

    Je veux être quelqu'un de mauvais.

    Mais quelque chose me retient.

    Est-ce parce que je suis noir?

    Quelque chose me tire en arrière.

    Je veux des anneaux de diamants et des biens. 

     

     

    Le morceau original, de Syl Johnson:

     

     

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    Via Sophiatown est un ballet moderne réalisé par les Via Kathleong.

    Les Via Kathleong ont créé cette pièce pour apporter un éclairage sur la fameuse période de Sophiatown dans les années 1950.

     

     

     

    1- Un quartier cosmopolite, détruit par l'apartheid.

     

    Sophiatown, à l’origine, devait être un quartier blanc de Johannesburg. Un riche propriétaire avait acquis ce vaste territoire en bordure de la ville pour y bâtir un nouveau quartier. Il donna aux rues les noms de ses filles, et à la ville entière celui de son épouse. Mais au cours de la première moitié du vingtième siècle, une population cosmopolite s’y installa, faisant fuir peu à peu la population blanche du quartier. Sophiatown est rapidement devenu un territoire multiracial, le premier du pays, réputé pour la vitalité de sa vie culturelle. C'est là-bas que sont nées notamment deux danses, le tsaba-tsaba et le kofifi, ancêtres du Pantsula.

     

    En 1948, les nationalistes s'emparent du pouvoir en Afrique du sud. Ils croient en la suprématie du peuple blanc et prône la séparation des différents groupes ethniques qui peuplent le territoire du pays. Ils mettent alors en place un système ségrégationniste, appelé apartheid, et qui prévoit d'organiser la cohabitation des populations blanches et noires de façon rationnelle, dans un système qui limite les interactions entre les différentes communautés.

    En 1950, un amendement est promulgué, the Immorality Amendment Act, No 21 : les relations sexuelles entre des individus appartenant à des communautés raciales différentes sont officiellement prohibées. Les autorités de Johannesburg décident alors d’évacuer entièrement la population de Sophiatown, dont le cosmopolitisme n'est pas compatible avec le vingt-et-unième amendement. Les habitants du quartier s'opposent à cette décision et entrent en résistance, rejoints par de nombreux artistes. Ils fondent un collectif dont le slogan est sans ambiguïté : "Ons dak nie, ons phola hier" ("nous ne partirons jamais, nous resterons ici"). Leur colère est souvent perçue comme une des premières manifestations anti-apartheid dans le pays. Ils parviennent à préserver leur quartier pendant plus de cinq ans. Finalement, en 1955, les autorités décident d'employer la force pour chasser tous les habitants récalcitrants. Les noirs sont envoyés à Soweto, les indiens sont envoyés à Lenasia, au sud, et les chinois au centre-ville. Le quartier est intégralement rasé, puis reconstruit pour accueillir une population blanche. Ce nouveau quartier est rebaptisé « Triomf » (« triomphe ») car il symbolise la victoire de l'apartheid sur la mixité ethnique.

    Ce genre de scène va se répéter dans tous le pays. De 1960 à 1983, plus de trois millions de noirs sud-africains vont ainsi être chassés de chez eux et relogés dans des ghettos à l'écart des grandes villes.

     

    2- Via Sophiatown, un hommage à ce quartier mythique.

     

    Dans ce spectacle, les Via Katlehong redonnent vie au quartier détruit. Ces neufs danseurs mêlent des danses contestataires, comme le pantsula et le gumboot, au jazz et au swing pour montrer que la musique et la danse ont été omniprésentes dans la lutte contre l'apartheid. Le pantsula est une danse née justement à Sophiatown et qui est un mélange de mbaquang zoulou, de Charleston et de rock. Elle était destinée à l'origine à lutter pacifiquement contre l'apartheid et le vingt-et-unième amendement. Mais elle est devenue très vite une danse populaire donnant lieu à des battles improvisées dans les rues du quartier.

    Le gumboot, de son côté, est né dans les mines de Johannesburg. Il s'agit d'une danse réalisée avec des bottes en caoutchouc, qui consiste à créer un rythme en frappant les pieds sur le sol et en tapant dans les mains. Elle est née pour remplacer les instruments de percussion, dont l'usage était restreint sous l'apartheid. Les mineurs avaient en effet pour habitude de chanter en travaillant, et le gumboot accompagnait leurs voix. On estime également que cette danse constituait une forme de langage, qui permettait aux mineurs de communiquer entre eux à l'insu de leurs employeurs.

     

    Via Sophiatown convoque toute la richesse de ces danses nées sous l'apartheid pour célébrer un quartier qui incarnait un idéal bien éloigné de celui des partisans de la ségrégation. La troupe nous fait voyager dans le temps, à travers ce spectacle qui dure près de cinquante minutes.

     

    Ci-dessous, une vidéo de Pantsula:

     

     

    Ci-dessous, une vidéo de gumboot:

     

     

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    Strange fruit de Billie Holiday, par Hadriana Corre.

     

    Titre : Strange fruit

    Auteur : Abel MEEROPOL (professeur américain d’origine russe)

    Compositeur : Abel MEEROPOL

    Interprète : sa femme, puis, Billie HOLIDAY

    Date de composition : 1936

    Date d'interprétation : 1939

     

    L'œuvre est liée au lynchage de deux afro-Américain.

    Biographie rapide : Billie HOLIDAY Chanteuse de jazz américaine légendaire également connue sous le nom de « Lady Day ». Née à Baltimore en avril 1915 et décédée en juillet 1959. Connue pour l’intensité dramatique de ses interprétations qui sont de véritables mises en scènes.

    1. Contexte historique

    Abel MEEROPOL a écrit un poème suite au lynchage de deux afro-Américains, et plus tard l'a mis en musique. Il proposa cette chanson à Billie Holiday.

    Billie Holiday enregistra cette chanson en 1939 dans un cabaret de New-York, cette chanson, Strange Fruit, est une « protest song » une chanson contestataire, elle dénonce les «  Nektie parties » (pendaison) couramment pratiqués au Sud des Etats-Unis et auxquels certains blancs assistaient comme si c'était un spectacle.

    1. Ecoute de l’extrait

     

     

     http://www.wat.tv/audio/billie-holiday-strange-fruit-1fcaw_2flcz_.html

    Strange fruit

    Southern trees bear strange fruit
    Blood on the leaves and blood on the root
    Black bodies swinging in the southern breeze
    Strange fruit hanging from poplar trees

    Pastoral scene of the gallant South
    The bulging eyes and the twisted mouth
    Scent of magnolia sweet and fresh

    Then the sudden smell of burning flesh
    Here is a fruit for the crows to pluck
    For the rain to gather, for the wind to suck

    For the sun to ripe, to the tree to drop
    Here is a strange and bitter crop !

    Les arbres du Sud portent un fruit étrange

    Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines

    Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud.

    Un fruit étrange suspendu aux peupliers

     

    Scène pastorale du vaillant Sud

    Les yeux révulsés et la bouche déformée

    Le parfum des magnolias doux et printanier

    Puis l'odeur soudaine de la chair qui brûle

    Voici un fruit que les corbeaux picorent

    Que la pluie fait pousser, que le vent assèche

    Que le soleil fait mûrir, que l'arbre fait tomber

    Voici une bien étrange et amère récolte !

     

    Mais en cette année 1939, les américains ne sont pas prêts à entendre une telle chanson :
    - Billie Holiday aura du mal à trouver une maison de disques pour enregistrer
    - Elle est bannie définitivement de l'Alabama
    - Elle ne pourra jamais l'interpréter dans le Sud
    - Le Time Magazine parle de propagande communiste
    - Les radios américaines refusent de la diffuser

    III. Analyse des paroles et musicale

    Genre : vocal et instrumental

    Style : moderne

    Formation : 4 instruments : cuivre, piano, contrebasse et batterie

    Nuance : moyen (mezzo)

    Tempo : lent (lento)

    Mélodie : vocale et strié

    Caractères : calme, bouleversant, émouvant

    Timbre : acoustique

    - Le rythme très lent et la longue introduction musicale montrent la tristesse.

    - Le lexique indique que d’entrée que quelque chose ne va pas : répétition de « blood » et mention de «black body ».

    - Un contraste est établi entre d’un côté l’évocation d’une scène pastorale (« the Southern breeze », « the poplar trees »), et de l’autre la présence de quelque chose d’étrange, de singulier, une anomalie dans le décor.

    - C’est lorsque le fruit est comparé à un « black body » à la ligne 3 que l’on commence à comprendre que ce fruit prend un caractère humain

     

    1. Mon avis

    J’aime cette œuvre parce qu’elle est intéressante et elle a une histoire originale, et elle m’a appris quelque chose que je ne savais pas avant.

    Et dans la chanson, il y a du piano, aussi. C’est une femme afro -Américaine qui chante (quelque part, elle est un peu concernée par ce qui ce passe) et elle chante d’une façon très particulière, que je n’avais jamais entendue avant.

    1. Conclusion

    Cette chanson est très importante parce qu’elle est devenue un symbole de la lutte contre le racisme, la ségrégation car elle a obtenu le nom de « Marseillaise noire », elle est l’hymne de toutes les victimes du racisme et son titre est synonyme de lynchage. Cette chanson est comparable à l’action de Rosa Parks en 1955.

    Et grâce à son succès, l’auteur a écrit plusieurs autres chansons qui, pour la plupart ont été reprises par Franck SINATRA .

     

    Ce morceau sera repris plus tard, notamment par Nina Simone et Jeff Buckley

     

     

     

     

     

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    http://www.wat.tv/video/nina-simone-to-be-young-gifted-74p0b_74oz5_.html

     

     

    To be young, gifted and black, de Nina Simone (1970)

     

    Nina Simone est une chanteuse et pianiste américaine, née en 1933, également connue pour son engagement en faveur des droits civiques.

    Enfant, elle découvre le piano à l'âge de trois ans. Sa mère est alors employée comme femme de ménage par une riche famille qui en possède un. C'est sur cet instrument que la jeune Nina, de son vrai nom Eunice Kathleen Waymon, va s'essayer à la musique. Et très rapidement, les employeurs de sa mère sont convaincus que la jeune Nina possède un talent fou. Ils proposent alors à ses parents de lui offrir des cours de piano. La famille accepte et Nina prend ses premières leçons chez une jeune femme surnommée Miss Mazzy. Extrêmement précoce, elle commence dès ses 6 ans à accompagner les chanteurs de gospel dans l'église luthérienne fréquentée par ses parents.

    À 12 ans, elle donne son premier concerto dans une église. Ses parents se placent naturellement au premier rang pour assister au triomphe de leur enfant. L'arrivée de spectateurs blancs va cependant les contraindre à laisser leur place; la ségrégation bat alors son plein aux états-unis, et les meilleurs places sont toujours réservées aux blancs. Face à cette injustice, Nina, malgré sa jeunesse, réagit avec beaucoup d’aplomb : elle refusera de jouer tant que ses parents n'auront pas récupéré leur place ! Cette réaction révoltée constitue assurément l'acte fondateur de son activité militante.

    À la suite de ce premier spectacle, la jeune femme qui lui a appris le piano annonce humblement à ses parents qu'elle n'a plus rien àlui apprendre : l'élève a dépassé le maître. Elle leur conseille alors d'envoyer Nina dans un pensionnat où elle va passer 5 ans, de 1945 à juin 1950, et dont elle sortira major de sa promotion.

    La suite logique d'une telle réussite aurait été d'intégrer la prestigieuse école de musique de Philadelphie, le Curtis Institute. Mais elle est recalée sans qu'on lui fournisse la moindre explication. Cependant, Nina n'est pas dupe, elle sait pertinemment qu'elle aurait été la première afro-américaine à intégrer l'école...

    Elle ne se décourage pas pour autant et parvient à débaucher un enseignant de la fameuse école pour qu'il lui dispense des cours particuliers. Elle trouve l'argent en donnant elle même des leçons de piano et en jouant dans les bars ; et lorsqu'elle en fait la confidence à sa mère, profondément puritaine, cette dernière réagit en coupant les ponts.

     

    Nina gagne ensuite New-York où elle intègre la Juilliard School of Music. Une fois encore, elle donne des leçons et joue dans les bars pour financer ses études. Elle joue notamment au « Midtown Bar & Grill », sur Pacific Avenue, où le patron insiste pour qu'elle chante en jouant du piano. Nina accepte, mais à contre-coeur car elle se définit avant tout comme une instrumentiste. Tout le monde finira cependant par y trouver son compte, et surtout le public. 

    C'est grâce à ses performances dans ce bar que des producteurs s'intéresseront à elle et lui proposeront de sortir ses premiers titres.

    Pendant dix ans, de 1954 à 1964, sa renommée ne cessera de grandir.

    1964 marque un tournant dans sa carrière puisqu'elle sort un album live, Nina Simone in concert, dans lequel elle aborde pour la première fois la problématique des droits civiques. À partir de là, tous ses albums s'inscriront dans une démarche militante. Nina Simone soutient les jeunes qui se sont engagés dans la lutte armée et qui revendiquent la création d'un état pour les noirs américains. Le morceau que nous avons choisi illustre parfaitement son engagement.

     

     

    To be young, gifted and black (1969), de Nina Simone en collaboration avec Weldon Irvine jr

     

    To be young, gifted and black,
    Oh what a lovely precious dream
    To be young, gifted and black,
    Open your heart to what I mean

    In the whole world you know
    There are billion boys and girls
    Who are young, gifted and black,
    And that's a fact!

    Young, gifted and black
    We must begin to tell our young
    There's a world waiting for you
    This is a quest that's just begun

    When you feel really low
    Yeah, there's a great truth you should know
    When you're young, gifted and black
    Your soul's intact


    Young, gifted and black
    How I long to know the truth
    There are times when I look back
    And I am haunted by my youth

    Oh but my joy of today
    Is that we can all be proud to say
    To be young, gifted and black
    Is where it's at

    Être jeune, doués et noirs,

    Oh quel rêve adorable et précieux

    D'être jeune, doués et noirs,

    Ouvrez vos cœurs à mes paroles

     

    Dans le monde entier, vous savez

    Il y a des milliards de filles et de garçons

    Qui sont jeunes, doués et noirs,

    Et c'est un fait !

     

    Être jeune, doués et noirs,

    Nous devons commencer à dire à nos jeunes :

    Il y a un monde qui vous attend

    Et c'est une quête qui ne fait que commencer

     

    Quand vous vous sentez vraiment mal

    Oui, il y a une grande vérité que vous devez vous rappeler,

    Quand vous êtes jeunes, doués et noirs,

    Votre âme est pure

     

    Être jeune, doués et noirs,

    Combien j'ai cheminé pour arriver à cette vérité

    Il y a des fois où je regarde derrière

    Et où je suis hanté par ma jeunesse

     

    Oh mais ma joie aujourd'hui

    Est que nous puissions tous être fiers de dire:

    Etre jeunes, doués et noirs,

    Voilà ce que nous sommes.

     

     

    Analyse de la chanson :

     

    Dans cette chanson, l'influence du gospel est manifeste à travers la polyphonie du chant qui laisse la voix de Nina Simone survoler la mélodie. Le tempo est lent, empreint d'une grande solennité, et les instruments se font discrets devant les voix. Le message du refrain est presque scandée par l'artiste, qui interpelle directement son public au milieu du morceau pour s'assurer de sa connivence.

    Nina veut insuffler à la jeunesse noire-américaine la confiance qui lui manque. Elle ne cherche pas à soulever leur colère ou leur indignation. Elle se contente de leur rappeler leurs forces: ils sont jeunes, purs, talentueux, et si nombreux. Le monde les attend!

     

    Nina reprendra également plus tard Strange Fruit, la fameuse chanson de Billie Holiday, qui reprend un poème écrit pour dénoncer les lynchages et les pendaisons pratiqués dans le sud du pays par des militants racistes.

     

     

    D'autres morceaux de la chanteuse:

     

     

     

     

     

     

     

     

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